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L’image de ce dieu, compris comme instance suprême instance du Surmoi dont la miséricorde même engendre chez les croyant une culpabilité indélébile, on la retrouve chez Staline. Il ne fait jamais oublier que, comme le démontrent les procès-verbaux, maintenant disponibles, des meetings du Politburo et du Comité Central des années 1930, les interventions directes de Staline ont pour règle d’étaler sa miséricorde, d’accorder son pardon. Lorsque les jeunes membres du Comités, empressés de prouver leur ardeur révolutionnaire, exigeaient avec bruit la mise à mort imméidate de Boukharine, Staline intervenait toujours par un “Patience ! Sa culpabilité n’a pas encore été prouvée !”, ou quelque chose de ce goût-là.

L’inflexible justice juive et la miséricorde chrétienne, cet inexplicable geste de pardon non mérité, restent irréconciliables. D’un point de vue chrétien, nous sommes nés pécheurs. Nous ne pourrons jamais rembourser notre dette et nous rédimer nous-même par le fait de nos seuls actes. Notre seul salut repose dans la miséricorde divine et dans Son suprême sacrifice. Toujours est-il que par ce geste même de briser la chaîne de la justice grâce à cet incroyable geste de miséricorde, en payant notre dette à tous, le christianisme nous impose une dette encore plus lourde: nous sommes débiteurs du Christ et ne serons jamais à même de le rembourser.